Louis XIV au château de L’Isle

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Louis XIV, le Roi-Soleil et Jean Baptiste Tavernier au château de L’Isle
Au château de l’Isle le 14 mars 2005 le réalisateur lausannois Philippe Nicolet  tourne une scène du film qu’il consacre à l’explorateur Jean-Baptiste Tavernier, le film d’une durée de 52 minutes et intitulé Les voyages en Orient du Baron d’Aubonne, est destiné à la télévision. Une grande chaîne française aurait déjà manifesté son intérêt, de même que plusieurs chaînes à l’étranger.
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Dans le rôle de Louis XIV: le Prince Louis de Bourbon Parme, descendant direct du Roi-Soleil et dans celui de Jean-Baptiste Tavernier: Jean-Pierre Althaus, directeur du Théâtre de l’Octogone à Pully.
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Et peu importe qu’il fasse un peu frisquet au château de L’Isle en ce samedi après-midi; le grand salon ressemble à s’y méprendre aux intérieurs de Versailles. (Gregory Wicky)
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Vos lieux ont sans nul doute été les mieux assortis à nos besoins.
Ils nous ont aidé à faire revivre une belle page de notre histoire commune. (Philippe Nicolet)
Jean Baptiste Tavernier
par Philippe Nicolet
tavernier
livre

Originaire d’Anvers, né à Paris en 1605, Jean-Baptiste Tavernier est le fils d’une famille de célèbres cartographes attachés à la cour. Le jeune Tavernier, lui, ne rêve que d’entrer physiquement dans les cartes: « Si la première éducation est comme une seconde naissance, je puis dire que je suis venu au monde avec le désir de voyager. » dit-il en entamant ses mémoires.
A 25 ans, alors qu’il a déjà vu une grande partie de l’Europe, il part pour l’Asie qu’il traversera jusqu’à Java. Mais c’est en Turquie, en Perse et en Inde qu’il séjournera le plus au cours de ses quarante années de voyage.
Il devient marchand d’étoffes, puis de pierres précieuses, le bon moyen pour lui de poursuivre indéfiniment ses voyages. Toujours plus célèbre d’un périple à l’autre. Il est reçu à la cour des sultans, des shahs, des princes Raja et du grand Moghol. Il a parcouru l’Inde en tous sens. Il traverse ainsi plusieurs fois l’actuel Rajasthan, notamment quand il se rend de Surate à Agra, par des routes chaque fois différentes.

De retour en Europe, il est anobli par le roi Louis XIV dont il avait été d’ailleurs chargé d’annoncer la naissance, trente ans plus tôt, aux ambassadeurs de France en Asie.

En 1670, il achète la baronnie d’Aubonne, petite ville entre Lausanne et Genève, au-dessus du lac Léman. Et dans son château, qu’il réaménage en lui donnant un aspect oriental, il écrit ses mémoires, parues pour la première fois en 1676. Elles totalisent plus de mille pages d’intérêt historique et culturel considérable.

Agé de 84 ans, après avoir séjourné chez le roi de Prusse Frédéric-Guillaume qui lui proposait de créer un comptoir allemand aux Indes, il tente de repartir pour l’Asie une septième fois, cette fois en passant par le nord.

Il s’arrête à Copenhague, où il se fait notamment peindre par l’artiste français Jacques d’Agar(portrait Actuellement au Musée national de Copenhague) et arrive à Moscou en 1689. Il y meurt, âgé de 84 ans et est enterré dans le cimetière protestant de la cité russe.

Le plus fabuleux marchand de diamants

Pionnier du commerce avec les Indes Orientales, Tavernier amasse, grâce aux pierres précieuses, une fortune colossale. Il achète directement à la sortie des mines les gemmes qu’il revend très cher en Europe. C’est ainsi qu’en 1669 il rapporte à Louis XIV le légendaire Diamant Bleu. La légende dit que le Diamant Bleu fait peser depuis des siècles une inéluctable malédiction sur ses propriétaires successifs. On ne compte plus les suicides, les meurtres, les accidents mythiques qu’on attribue à ses effets maléfiques. On dit même qu’il aurait coulé avec le Titanic…

Plus prosaïquement, le Diamant Bleu provient vraisemblablement d’une mine de Golconde en Inde et est retaillé en 1673 par le joaillier de la cour, qui le transforme en un diamant de 67 1/8 carats. Il est alors serti dans une monture d’or et porté par Louis XIV au bout d’un cordon lors des cérémonies officielles. On l’appelle « Diamant Bleu de la Couronne ». Il se trouve sans doute dans les bagages emportés par Louis XVI et Marie-Antoinette lors de leur fuite, et après l’arrestation de Varennes, le Diamant Bleu rejoint les diamants de la Couronne. En septembre 1792, il disparaît pendant le pillage du trésor de la Couronne. On retrouve sa trace à Londres en 1812. Puis en 1839 dans la collection d’Henry Philip Hope, qui donne désormais son nom au joyau. Le diamant est monté dans la forme qu’on lui connaît par Cartier en 1910.
Le diamant connaît ensuite plusieurs autres propriétaires, au gré des ventes, des ruines, et de héritages avant d’atterrir chez un des plus fabuleux diamantaires Harry Winston, le « roi du diamant ». En 1958 celui-ci l’offre au National Museum of Natural History de Washington où  l’on peut l’admirer aujourd’hui, devenant une des attractions phares du Smithsonian Institute.

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